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CHU de LILLE JOURNÉE : DOIT-ON TOUT PRÉDIRE ?
02.11.2016 00:27 Age: 3 yrs

CHU de LILLE JOURNÉE : DOIT-ON TOUT PRÉDIRE ?

Category: Les événements écoulés

Journée passionnante au CHU de Lille, le mardi 29 novembre 2016

"Doit-on tout prédire ?"

Avec entre autres à 9H20 Robin CREMER : "L'évolution inattendue : une erreur de prédiction ?" ;

à 10H50 Julie VAN HEDDEGEM : "savoir en médecine prédictive : entre désir, besoin, droit et devoir" ; 

à 14H00 David SMADJA : "Liberté et responsabilité dans le déterminisme scientifique contemporain"

 

Mieux vaut prévenir ... Nous connaissons l'adage. Mais, à l'ère de nos sociétés de sécurité et de gestion des risques, avec les possibilités actuelles de dépistage et d'imagerie, comment s'applique-t-il, jusqu'où s'applique-t-il ? Pour qui et pourquoi ? A partir de quand est-on malade ? A partir du dépistage ? Question des enjeux et des limites. D'autant que si les progrès biotechnologiques permettent de prédire, la médecine ne peut pas tout prévenir ni tout guérir : comment faire face à ce décalage ? Doit-on tout prédire ? Que faut-il dépister ? Faut-il tout révéler ? Quand savoir ? Question de la légitimité de ce savoir, de l'accès aux tests, de l'information des résultats ... jusqu'aux usages médicaux et sociaux de ces résultats.

Cela concerne notre médecine contemporaine dans ses différentes spécialités (diagnostic / pronostic) et plus particulièrement la santé publique, le dépistage anténatal, le diagnostic préimplantatoire, l'oncologie et l'oncogénétique, les tests de prédisposition génétique, l'imagerie médicale, la neurologie, les maladies chroniques, la médecine personnalisée ... Pourtant, prédisposition n'est pas prédiction et prédire n'est pas prévoir son avenir singulier. L'humain ne serait-il déterminé que par sa dimension biologique ? Notre ADN nous imposerait-il notre destin ? Cela interroge les notions d'héritage et de transmission, d'individuation et d'identité - y compris pour les porteurs sains; se pose ainsi la question de l'identité diagnostique conférée à la personne ainsi révélée " malade en puissance ". La médecine contemporaine fabrique-t-elle de nouveaux malades ? Alors faut-il tout prévenir et à n'importe quel prix ? Par exemple, quand envisager la chirurgie préventive et qui en décide ? Comment éviter les contradictions entre ce que permet la technique et la dimension éthique inhérente à la médecine, celle de la protection de la personne, de sa santé et de sa dignité.

Mais qu'en est-il, par ailleurs, de la médecine non-prédictive ? La dimension prédictive est-elle essentielle à toute la médecine ou peut-on soigner sans prédire ? N'y a-t-il pas une part d'incertitude nécessaire, indispensable à l'ouverture et au pari sur l'avenir ?