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Bénédicte LOMBART infirmière philosophe
30.08.2015 16:08 Age: 4 yrs

Bénédicte LOMBART infirmière philosophe

Category: Les événements écoulés

 "Bénédicte Lombart,

infirmière philosophe"

 

titre avec article pleine page dans le Journal le Monde daté du Mercredi 8 juillet 2015...

La Journée des 20 ans de l'Ecole Ethique de la Salpêtrière était à peine passée et le poster souvenir avec toutes les photos à peine publié dans ce même pavé EVENEMENT, que déjà un nouvel événement le chassait... (vous pouvez quand même aller regarder les photos du 20 juin en événements écoulés" si vous les avez ratées...).

 

C'est donc ce bel article avec photo couleur dans le Monde, qui met à l'honneur Bénédicte Lombart, présidente de l'AEDEES (Association des Etudiants et Diplômés de l'Ecole Ethique de la Salpêtrière) et également doctorante chez nous. (article intégral en pdf en bas de page)

 

Morceaux choisis :

"S'il y a bien une chose que l'on ne peut pas presser, c'est le cheminement philosophique", déclare en souriant Bénédicte Lombart. Dans quelques mois, à 45 ans, cette infirmière soutiendra une thèse en philosophie, plus précisément en "philosophie pratique et hospitalière". Elle y explore un sujet délicat : la contention pendant les soins en pédiatrie. "J'essaie de comprendre pourquoi la parole et le raisonnement de l'enfant sont trop souvent disqualifiés, et pourquoi les soignants sont pris dans un système qui les contraint parfois à faire un usage illégitime de la force", explique la doctorante, engagée depuis vingt ans dans la prise en charge de la douleur de l'enfant, à l'hôpital parisien Armand-Trousseau, où elle exerce, et bien au-delà, par son travail associatif, d'enseignement et de recherche.

 

 

"La philosophie est l'art d'inventer des concepts, disait Deleuze. et c'est exactement ce que fait Bénédicte Lombart", souligne Eric Fiat, professeur de philosophie à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, qui a dirigé son master et qui encadre dorénavant sa thèse. "J'aime beaucoup sa manière de faire dialoguer les réalités concrètes du terrain et de grands textes de la tradition philosophique, sa capacité à établir des liens qui apparaissent évidents entre certains gestes infirmiers et des passages de Heidegger".

 

 

"Mais ce qui change vraiment sa vie, c'est une inscription à un master de philosophie pratique, à l'université Paris-est Marne-la-Vallée."Dans mon travail à l'unité mobile, je voyais des situations qui me questionnaient, où les moyens antalgiques disponibles n'étaient pas toujours utilisés, dit-elle. En tant que conseil, je ne devais pas juger les équipes, mais j'avais un engagement à l'égard des enfants. Avec le master, j'ai pioché de nouveaux instruments de la pensée. J'ai arrêté d'être en colère et commencé à devenir pus tolérante". Un premier mémoire, puis un deuxième, et maintenant une thèse... Bénédicte reconnaît enfin que sa parole est légitime. Détachée de son poste de cadre hospitalier depuis novembre 2012, elle met la dernière main à son manuscrit, tout en menant de front des missions d'enseignement et associatives (elle préside l'Association des étudiants et diplômés de l'Ecole éthique de la Salpêtrière).

 

 

"Bientôt docteur, elle se verrait bien enseignante-chercheuse à l'AP-HP, en gardant un pied dans la clinique. mais elle reste avant tout infirmière et fière de l'être, intarissable sur la cause des enfants. "Bénédicte a une relation incroyable à l'enfant. Elle le capte, et lui sait qu'elle est entièrement disponible", assure Céline Guiot, qui lui a succédé comme cadre dans l'unité douleur. Au demeurant, cette dernière salue les qualités professionnelles et humaines de sa collègue, qui a su s'imposer "sans prendre la place des autres et sans jamais s'éloigner de son coeur de métier".