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Controverse

CONTROVERSE

 

Programme

 

Le vendredi 10 décembre et le samedi 11 décembre 2010

 

La controverse

 

à la Fondation Simone et Cino del Duca, à Paris.

 

Les controverses font l’objet d’un intérêt croissant de la part des chercheurs en sciences sociales qui les considèrent d’abord comme de simples situations objectives. Ainsi, à titre d’exemple, un dictionnaire de science politique, consacré à l’analyse des Politiques publiques, pouvait consacrer l’une de ses entrées à la controverse en la définissant comme un simple débat (Boussaguet et al, 2007) susceptible de donner lieu à un échange d’informations. Or, cet usage politologique prête à la controverse une signification univoque et, ce faisant, il méconnaît la complexité, à la fois conceptuelle et sociopolitique, de cette situation intellectuelle et morale. En effet, à quoi reconnaît-on qu’une question est controversée et quels critères permettent de procéder à son repérage ? L’usage ou le sens commun identifient souvent le controversé et le désapprouvé, par exemple au sujet du clonage reproductif. Cependant, vue sous un autre angle, la désapprobation diffère de la participation à une controverse, qui est plus riche en cela qu’elle suppose aussi une forme de doute quant au bien-fondé de la position que l’on défend (Perelman, 1956).

 

Un premier travail de clarification du sens de la controverse a été réalisé à partir du champ de recherches de la sociologie pragmatique issue des travaux de Boltanski et de Thévenot (Boltanski, Thévenot 1991 ; Chateauraynaud, 2007), et à partir des science studies (Latour, 1999, 2006). Il a permis de complexifier cette situation en la dépouillant de son statut de simple objet à observer et en l’élevant au rang de catégorie d’analyse. 


Cependant, aussi fécondes soient-elles, ces contributions n’ont pas encore épuisé toutes les nuances de cette notion. En particulier elles éludent la question de savoir dans quelle mesure la controverse se distingue de la querelle et du conflit, de la dispute ou de la polémique (Oury, 2006), ou bien s’apparente, au contraire, à la discussion (Manin, 1985 et 1996, Habermas, 1992), à la délibération (Gutmann, 1996) ou à la conversation (Urfalino, 2005). En outre, elles ne permettent pas de savoir si la controverse représente un état instable, imparfait et inachevé, et donc destiné à être dépassé dans la production d’un consensus, ou bien s’il faut, au contraire, l’appréhender en tant que telle, et donc lui reconnaître une forme d’autonomie épistémologique (Perelman, 1992).


Dès lors, en vue d’éclaircir les fins qui orientent les décisions collectives, le but de ce colloque consistera à revenir sur les implications pratiques et théoriques de cette notion en privilégiant une perspective de recherche pluridisciplinaire, conciliant approches conceptuelles (philosophie, théorie politique), recherches empiriques (sociologie politique, histoire) et témoignages d’acteurs de controverse (experts, associations, parlementaires etc.).

 

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