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UNE JOURNEE D'ETUDE PLEINEMENT REUSSIE
26.05.2014 23:54 Il y a: 3 yrs

UNE JOURNEE D'ETUDE PLEINEMENT REUSSIE

Journée d’étude très réussie pour le laboratoire Espaces Ethiques et Politiques Institut Hannah Arendt. Près de 90 étudiants de Master d'éthique médicale et hospitalière, Doctorants et anciens étudiants de l'Ecole éthique de la Salpêtrière (AEDEES) sont venus samedi 24 mai 2014 à partir de 9H à l'Espace Scipion, bel hôtel particulier avec cour pavée, géré par l'AP-HP.


Il était donc question des "Philosophes face à la mort".


Eric FIAT introduit le sujet, usant comme il l’aime de beaux textes de la littérature du XVIIe siècle. La Fontaine et Bossuet sont à l’honneur.


Bertrand QUENTIN, convoque ensuite les philosophes Stoïciens dans une intervention intitulée "Les Stoïciens face à la mort : entre grandeur et chloroforme" où l’on voit ces penseurs s’habituer à la mort comme exercice philosophique de liberté. Sont néanmoins mises en évidence les tensions du discours stoïcien.


Pierre GIBERT, père jésuite et Docteur en théologie nous ouvre alors à la philosophie chrétienne en la personne de saint Augustin. Il suit linéairement les Confessions d’Augustin, dans la traduction récente de Frédéric Boyer (qui traduit le titre classique par : les Aveux). Le recours à la foi et à l’espérance ne vont pas apparaître comme vains, mais la mort fait venir à la prière seulement dans un second temps. Le premier temps indépassable est bien celui des larmes.


Emile KENMOGNÉ, professeur de philosophie à l’Université de Yaoundé 1 pose la question de l'irruption de la mort dans le temps pour montrer que celle-ci est secondaire par rapport à la vie. D'où le triomphe de la vie sur la mort par lequel se justifie le discours négro-africain sur la vie des ancêtres, leur influence sur le monde des vivants. Aux poètes de Château Thierry et de Meaux il répond "coup pour coup", dit-il, avec un poète du Sénégal, Birago Diop. Il nous lit donc "Souffles" avec des rythmes vocaux de percussion.


Denis KAMBOUCHNER, professeur d’histoire de la philosophie moderne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, nous parle de Descartes et la mort. La vie peut être désirée, il faut donc en jouir, mais une autre vie nous est destinée et la mort n’est donc pas à craindre. Nous pouvons néanmoins travailler, grâce à la médecine, à retarder de plus en plus la mort. Cet optimisme de type baconien concernant les pouvoirs attendus de la science dans le domaine médical (que l’on trouve dans le Discours de la Méthode (1637), s’émoussera avec le temps. En 1644 Descartes n’insiste plus que sur l’hygiène physique et l’hygiène morale. Les effets psychosomatiques de la persuasion sont repérés.


Eric FIAT clôt cette Journée intellectuellement stimulante avec un public très attentif et réactif (judicieuses questions et remarques).


Dernière mise à jour : 28/05/2015